Lundi 11 juin 2007

Chapitre 6 : Les Âmes mortes

 

L’avion atterrit dans l’après midi. Le temps ne pouvait pas être mieux, un si bel Amérique se présentait à eux !

C’était exactement tout le contraire de ce qu’ils avaient vécu le matin même en Angleterre. La température ambiante était agréable, l’air était sec et tout semblait parfait. Ils partaient de la piste avec, à quelques détails prés, la même voiture qu’ils avaient eu en Angleterre, à la différence que celle si, était noire.

« Celle là, c’est la mienne ! » Se vanta Walter.

Bien brillante, le noir reflétait les alentours comme un miroir. Elle était légèrement plus basse et plus sportive.

Ils s’en allèrent pour la ville de Highbourg, qui devait se trouver à quelques dizaines de kilomètres seulement. Ils virent bientôt les bâtiments des hôpitaux, au loin...Il était dix huit heures quand ils arrivèrent. Comme ce n’était pas de simples visiteurs, ils ne se garèrent pas dans les parkings, mais ils avaient un endroit distinct pour s’arrêter.

La fraîcheur des souterrains dans lequel ils étaient était ressentit depuis la voiture, ils suivirent un tunnel de plusieurs centaines de mètres avant d’arriver dans un petit garage, juste capable de contenir quelques voitures. A l’une des places, il y avait de marqué « W&W ».

Enfin à l’arrêt, Kyru et Sophie analysèrent les lieux...Il n’y avait qu’une seule porte vers le fond. William tapa un code et le sas s’ouvrit automatiquement. Un long couloir se dessinait, mais là, il y avait des scientifiques, des infirmiers, parfois quelques médecins qui passaient.

-         Suivez-nous bien, prévint les deux agents en même temps, de peur que les deux jeunes ne se perdent dans ces labyrinthes.

Ils parcoururent un chemin complexe dans les différents locaux, les deux jeunes s’intéressaient à tout ce qu’ils pouvaient voir, sans vraiment tout comprendre. Ils finirent par s’arrêter juste à l’entrée d’un chambre.

-         C’est ici qu’il est...  Dit William en regardant Kyru.

-         L’homme que vous disiez, celui qui a été blessé ?

-         A ce niveau là, ce n’est pas des blessures, chuchota Walter, si bas qu’il était presque impossible de l’entendre... »

William poussait la porte, il vit tout de suite un homme sur une chaise roulante blanche, ce malade était recouvert d’une cape blanche et à côté de lui, il y avait une grosse machine qui devait remplacer certains de ses organes. Cet appareil qui le maintenait en vie émettait les sourds bruits d’un rythme cardiaque. On ne pouvait discerner aucune forme de l’homme qui se cachais sous cette cape, même sa tête était cachée...Certainement pour de bonnes raisons.

-         Bonjours messieurs, quel bon vent vous amènent ? Les accueilli t-il d’une voie faible mais distincte.

Ils rentrèrent tous dans la pièce, prirent quatre siéges qu’ils disposèrent tout autours de cette personne.

-         Nous avons trouvé ce dont nous vous parlions au téléphone... 

-         Tiens donc...Ce n’est certainement pas cette jeune fille que je vois là...C’est le jeune homme...Il est vraiment différent de ce que j’ai pu voir il n’y a pas si longtemps...

-         Vous avez donc été confronté à ce que nous appelons des Âmes mortes...

-         Des Âmes mortes ?

-         Oui, des hommes désespérés de toute vie, qui, d’ailleurs, ne vivent plus que pour s’emparer de l’infime espoir des autres.

Kyru baissait la tête pour éviter les regards de tous les autres. Sa voix changea d’intensité et vint se confondre avec son sinistre histoire qu’il n’allait pas tarder à raconter…

-         Tout le monde est destiné, un jour ou l’autre, à devenir une âme errante, ce n’est qu’une question de siècle. La vie s’use sur une longue existence…Les familles se déchirent, elles viennent même à se battre entre eux à main nues…Mais personne ne meure. Dans notre monde, nous ne mourrons pas. Je me rappel vaguement de personnes qui luttent pour réaliser quelque chose… Ils veulent la fin du monde…

Son regard restait pointé vers le sol, pensif…Certainement essayait-il de se rappeler de son monde, qui lui semblait si lointain…

-         Mais la créature que j’ai vue…Elle était complètement déchiquetée ! S’exclama de toutes ses forces l’homme sous la cape.

-         Impossible, lui fit remarquer Kyru. Il est impossible de nous blesser…Nous sommes a tout point de vue immortel. Je ne sais pas ce qui a pu se passer, mais s’il est blessé, c’est qu’il s’est exposé à quelque chose de vraiment puissant… Même en mille morceaux, nos tissus restent en vie…

-         Nous verrons bien, fit William. Nous nous renseignerons quand nous irons la prochaine fois au siége de l’OAM.

-         Vous devez rester cachés, annonça Walter.

-         Où allons nous aller ? Vous ne devez pas nous laisser nous débrouiller tout seul ! S’exclama Sophie, qui ne s’imaginait pas repartir chez elle après tant d’informations.

Les deux agents se regardèrent tous les deux, un flot d’intelligence semblait traverser la pièce. William finir par conclure :

-         Nous ne savons pas vraiment ce qu’il va arriver…Des milliards de créatures risquent de tomber. Nous ne pourrons pas l’empêcher. Il vaut mieux ne pas y penser pour le moment.

-         Vous irez vous dissimuler dans le lycée qui se trouve à côté. Ce n’est pas vraiment le meilleur lycée pour étudier, mais personne n’ira vous chercher là-bas…

Kyru regarda Sophie dans les yeux pour voir si cette décision lui convenait. Son regard laissait dire qu’elle était sans avis et qu’elle attendait ce qu’il allait décider.

-         Ca marche, finit-il par dire.

-         Parfait, s’exclama William en se dirigeant vers la porte.

-         Vous resterez ici le temps de votre inscription, renseigna Walter. Si on vous demande, vous venez de l’hôpital. Nous allons vous réserver une chambre ici, dans les habitations souterrains…Si cela vous convient. Si vous n’êtes pas content, passez un coup de fil !

Tout était donc réglé pour le moment. Ils allaient pouvoir souffler un peu, après une dure journée. Ce matin même, Kyru venait tous juste d’atterrir sur terre et la vie de Sophie était toujours aussi monotone. Maintenant, le destin était tracé pour chacun. Les deux agents sortaient, et quand les deux jeunes voulurent suivre, l’homme à la cape leur dit :

-         En fait…Je m’appel Alan. Si vous avez le moindre problème, venez aussi me voir…

Il eu toute l’attention de Sophie et de Kyru. Son visage leur était inconnu, mais ils savaient tous les deux pour quelles raisons. Le jeune homme, insensible à la douleur, ne savait pas vraiment ce qu’il avait du subir…

 

Par Cidragon6 - Publié dans : La Porte Blanche
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