Lundi 11 juin 2007

Le fenril

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Présent comme des lames ardentes transperçant l’Homme, le Fenril est un regroupement de plusieurs personnalités. Quand on parle de graves troubles psychologiques, ceux qui peuvent gâcher une vie, on n’énonce jamais le Fenril, celui-ci n’étant pas nommable par de simples personnes.

Cet état d’âme peut se manifester n’importe où dans le monde, mais il se forge à l’aide de la haine accumulée et du bonheur perdu, qu’il peut y avoir à certains endroits.

Sophie était une fille de treize ans, mais depuis deux années, elle découvrait peu à peu cette autre âme qui se cachait en elle. Cette jeune élève avait tout pour réussir, pour être heureuse, avoir des amis, mais…Quoi qu’il en fût, il y avait toujours quelque chose qui menaçait son esprit.

Sa conscience n’était jamais tranquille, la vie et la mort étaient des sujets qui trottaient dans sa tête, les pensées trop brutales l’empêchaient de dormir.

« C’est l’heure de se réveiller ! » Prévint sa mère en frappant très doucement à sa porte.

Comme tous les matins, c’était Elma, sa mère, qui se levait tôt pour préparer le petit déjeuné. De même que les anglais, ils mangeaient fort bien pour être en forme toute la matinée. Il n’y avait pas trop de mal, la patronne de la maison ne travaillait pas. Au contraire, elle lisait, entretenait la propriété, cuisinait et s’occupait de tout le reste, quand au père, il n’était là pratiquement que le matin.

Elle réfléchit quelques minutes avant de se lever. Le dos courbé par la fatigue, elle descendait dans la cuisine, la bonne odeur de pain grillé et de beurre lui remontait le moral.

-        Tu as bien dormi ?

-        Comme d’habitude.

Son père, Adam, la regarda un bref instant puis lui dit :

-        De bonne humeur ?

-        Ca peut aller…, lui répondit elle en souriant.

La table était garnie d’un vrai petit déjeuné anglais. Les volets n’étaient pas ouverts, pour soit disant « garder la chaleur », de même qu’il n’y avait qu’une seule lumière d’allumée, pour « économiser l’énergie ». Dans cette famille, rien n’était gaspillé, Adam disait souvent que l’argent gagné de cette manière pouvait être utilisée pour des choses plus matérielles. Il avait même glissé un jour que cela permettait à la pupille de ne pas se dilater trop vite, et qu’au réveil, les yeux ne piqueraient pas.

Sophie s’installa à table avant de manger précipitamment, puis elle partit faire sa toilette. Elle ne mit pas trop de temps avant de sortir de la maison. Une fois dans la rue, elle sentait que le froid du mois de février n’était pas encore passé, sa bonne humeur l’avait bouleversée, la faisant mettre quelque chose d’assez léger.

Quand elle arriva à son arrêt de bus, ses pensées se tournèrent automatiquement vers le mal et la fatigue…Incompréhensible après une si bonne humeur, elle regrettait désormais tout ce qu’elle avait déjà fait de sa matinée. Pourquoi n’avait-elle pas mit de veste, qu’elles étaient les raisons d’avoir tant mangé alors qu’elle n’avait pas faim… Elle eu soudainement des pressions dans la partie supérieur de la poitrine, comme si quelque chose lui serrait le cœur. Une voix lui disait : « c’est ce qu’il en coûte » ; mais elle ne savait ce dont-il s’agissait.

Alors qu’elle était plongée dans un profond mal être, un garçon arrivait.

-        Salut, ça va ? Demanda t-il en souriant.

-        Oui…ça peut aller.

Sa réponse était toujours la même, elle ne la changerait de si tôt. Son humeur avait soudainement fait un bond dans le bonheur, réaction qui était incompréhensible, mais présente.

C’était souvent comme ça le matin, des salutations rapides et similaires, puis rien jusqu’à l’arrivé du bus.

Un deuxième garçon arrivait, les deux se serrèrent la main et discutèrent alors de divers choses, jusqu’à l’arrivé du bus.

Ils montaient tous les trois, chacun saluant le chauffeur. Une fois arrivé, Sophie marchait jusqu’au lycée, elle n’allait  pas tarder à retrouver ses amis au fur et à mesure.

Souvent au même moment, une de ses amies la rejoignait juste avant qu’elle ne rentre dans le hall ; d’autres amis arrivaient peu après. Ils rigolaient déjà bien du matin, parlant de tout et de rien. La jeune fille était bien entourée, à ce moment là, elle était heureuse. La sonnerie monotone retentissait dans tout le bâtiment, c’était l’heure d’aller en cours. Ils partaient alors chacun de leur côté. Sourires et larmes se côtoyaient dans l’esprit de la jeune fille, qui ne décidait pas de son moral. Elle s’asseyait en cour et prenait note, la fatigue s’était emparée de son corps.

Son cerveau bouillonnait plus que quand elle était éveillée ; Un tourbillon de fureur endormie apparaissait dans ses yeux, pendant qu’un vent d’apaisement, caressait ses mains.

Le Fenril…Des sensations opposées qui se percutent sans arrêt, des oppositions qui détruise une personne. On dit que les extrêmes sont toujours mauvais, c’est la vérité en ce qui concerne le moral. Imaginez vous, ayant une bonne humeur destructrice. Infligeant pour votre corps et votre entourage, vous réveillez des éléments de la vie, normalement destinées à dormir.

Si vous êtes trop déprimé, vous ne sentez plus le contrôle de votre vie, qui est pourtant dans votre main. Sophie est manipulée par le Fenril…Ce n’est pas un démon ni un ange, nous sommes dans le monde réel. L’esprit humain est tellement compliqué qu’il se forme, à quelques occasions, des entités supérieures incontrôlables.

La jeune fille s’endormait, que lui arrivait-il ? Elle était profondément assise dans son siège… Ses mains devant ses yeux fermés, personne ne pouvait soupçonner ce qui se passait. Un silencieux vide étouffait les connexions de son cerveau. Alors inconsciente, elle découvrait sans savoir mémoriser… Une gigantesque créature aux mille couleurs apparaissait, ses contours brillaient dans le noir absolu. Le Blanc, le vert, le jaune, le rouge, ils étaient tous là ! Des yeux aux couleurs aveugles regardaient la fille, seule dans cette immense pièce. La représentation de cette entité était si grande… Un gigantesque loup était là, possédant toutes les couleurs imaginables ; n’ayant peur, ni de la mort, ni du vivant, il semblait avoir une force immesurable, une rapidité défiant les limites du temps. A partir de ce moment précis, le temps continuait pour Sophie qui entendait alors : « C’est ce qu’il en coûte ! » Une puissante douleur la réveillait…Elle maintenait sa poitrine en respirant comme si elle avait courut à pleine vitesse.

Pour masquer son essoufflement, elle mit ensuite sa main devant sa bouche ; les élèves de sa classe la regardaient avec des regards inquiets. La fille regarda sa montre, elle avait dormit une demi-heure. Il était important pour Sophie d’étudier correctement, mais dans l’état où elle était, il lui était impossible de se concentrer. Plus qu’un quart d’heure, puis ce serait la fin du cours. Les minutes passaient alors trop lentement. La jeune fille avait mal, pourquoi ? Quand la fin de l’heure se manifesta par le cri de la sonnerie, tous les élèves se levaient pour sortir le plus vite possible de la salle. Engourdie, elle se levait avec une impression de malaise. Elle était la dernière à sortir. Les yeux à moitiés fermés, elle marchait dans les couloirs du lycée afin d’atteindre un autre bâtiment. Elle passait par les escaliers extérieurs pour parvenir jusqu'au troisième étage. Alors, laissant la curiosité l’envahir une fois de plus, elle se penchait au-dessus de la barrière en bois. En bas, il y avait le bitume de la cour de récréation, ainsi que des élèves qui étaient sur les bancs. Sophie ne chercha pas à rester plus longtemps, elle continua son chemin jusqu’à la prochaine salle, où elle put suivre le cours correctement jusqu’à la fin de l’heure.

Elle mangea avec ses amis, ils étaient nombreux à la table de la cantine, ils rigolaient sans tabou sans se soucier des autres.

 

Cette journée était une des plus éprouvante pour Sophie, qui, à certains moments, ne savait plus où se mettre. D’un côté, elle voulait rigoler plus encore, d’un autre, elle voulait être au calme, seule, dans le noir. Les autres pensaient-ils à tout cela ? Avaient ils des questions sur cette vie et cette mort, imposée aux être vivants ? Possédaient-ils aussi ce moral, semblable à une balance sans cesse perturbée ? Le fenril les avaient-ils possédé une fois dans leur vie ?

Toutes ces questions ne devaient pas avoir lieux dans une vie qui devait être si parfaite.

Après s’être reposés sur les bancs, ils se dispersèrent tous dans l’établissement pour retourner dans leur classe. Les cours allaient reprendre dans quelques minutes. Une nouvelle sonnerie retentit alors, informant les élèves que leur professeur n’allait pas tarder à arriver.

Cette heure, elle était passée très lentement. Sophie était perturbée et angoissée. Elle ne sentait plus les gestes qu’elle faisait ; sa façon de penser était totalement différente. Un flash illumina sa vue, mes ses pupilles comprirent l’illusion avant elle. « C’est ce qu’il en coûte ! ». Une autre douleur dans la poitrine la sortait de l’irréel, suivit d’une respiration rapide et d’un sursaut.

Elle baissa la tête quelques instants pour éloigner le mal, alors elle entendit le professeur :

-        Tu peux sortir prendre l’air si tu veux…

-        Merci monsieur…

La jeune fille se levait, sous le regard attentif de toute la classe. Ils croyaient certainement qu’elle n’allait pas tenir jusqu’à la porte.

Une fois dans le couloir, elle marchait, sans penser. Sa conscience était oblitérée à toute forme de positivité. Pourquoi allait-elle vers l’escalier extérieur ? Pourquoi avait-elle besoin d’aller voir ce bitume si bas ?

Elle arrivait au bord du troisième étage, puis se penchait pour regarder le bas. Comme si son corps ne lui appartenait pas, elle eu du mal à s’empêcher de sauter. Elle se reculait de quelques centimètres,  posait une main avant l’autre…Elle se pencha alors un peu plus pour regarder en bas…

Le bitume avait été remplacé par des milliers de lames ardentes, le Fenril l’attendait parmi les flammes et la mort. La créature semblait vouloir pousser un cri, mais quelque chose l’en empêchait. Impatiente de voir la fille sauter, le Fenril essayait de fendre la lumière avec des filaments, chacun possédant une couleurs. Finalement, il poussa son cri avant de disparaître.

Sonné, Sophie se retournait, fit quelques pas avant de tenter de se retenir à une porte, avant de s’écrouler, inconsciente.

 

 

Par Cidragon6 - Publié dans : La Porte Blanche
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