Tempest (Chapitre 1)
Tempest (Chapitre 1)
Introduction
Le monde, un désert sans vie. Parmi les dunes de sable chaud, se trouve des citées humaines. Ressemblant à de grands arbres de couleurs, s’élevant à
plusieurs centaines de mètres et pouvant contenir des centaines de milliers d’humains. Ces tours défiant les montagnes étaient bâtit sur des oasis, purgeant des profondes nappes phréatiques, une
eau douce et vitale.
La nature verte n’existait pas, il n’y avait que des plantes sèches et jaunes qui poussaient lentement et difficilement. Les animaux, sans exception, étaient
domestiqués par l’homme, sans quoi il leur était impossible de vivre dans ce monde hostile, ce monde, ambré de poussière.
L’homme, depuis des milliers d’années, avait particulièrement évolué. Son passé qui lui était inconnu, faisait l’objet de dérisoires recherches. Les sujets
les plus importants étaient cachés, de ce monde perdu on ne voyait que la surface. Le monde possédait une étrange énergie, et, depuis la nuit de temps, il était question pour l’homme de savoir
l’étudier et l’apprivoiser. C’était une formidable fontaine de couleur dans chaque personne, qui leur procurait des dons incroyables. Selon le milieu où ils avaient évolués, certaines personnes
pouvaient voler, guérir, lire dans les pensées, s’accrocher à la matière ou encore changer d’apparence. Cette étrange magie a fait l’objet de nombreuses recherches, mais tout comme le monde, les
hommes ne purent jamais la comprendre. Le principal, c’était qu’ils savaient que ces dons ne se répartissaient pas aléatoirement, mais selon divers critères tels que la personnalité.
Les villes étaient construites telles de grandes tours. Il y avait des milliers d’ascenseurs, faisant monter et descendre les gens de plateaux en plateau,
tous soutenus par un pilier central. Tout en haut de ce pilier semblait posé une grande coupole jaune. A l’intérieure de cette boule, il y avait d’immenses bâtiments bleus turquoise, des allées
remplies de monde, des télévisions publiques, des boutiques ainsi que des publicités parfois exagérés.
C’est aussi à ce niveau là, au niveau de la coupole jaune, que se trouvaient les pieds des plus hauts buildings. De gigantesques constructions contenant des
appartements, des bureaux et même des jardins fermés. Bien évidement, c’était aussi à cette hauteur que se trouvaient tous les sièges administratifs, les centres de recherches scientifiques, les
habitations des ministres…La loge du président…
1
C’était les élections, et dans la rue principale se trouvait des milliers de gens. Tous ces hommes et femmes n’attendaient qu’une seule chose. C’était de
voir la tête de leur président apparaître sur la grande télévision publique. Pour le moment, peu de ces personnes regardaient cet écran, ils se contentaient de parler de politique et de
droits. Pour tout dire, il n’y avait pas vraiment de raison à tous leurs débats, mise à part la réduction d’impôt que chacun des candidats
promettaient. Bizarrement, il n’y avait que deux hommes qui s’étaient présentés. Jirus, un homme riche, dirigeant une société de minage, et Umano, qui, auparavant, n’était que très peu connu. Les
médias avaient fait son éloge, et avait fait monter les votes en sa faveur. Dans cette foule pourtant impénétrable se dressait un homme beaucoup plus grand. Facilement remarquable, il imposait sa
taille à la populace qui se résignait à le laisser passer. De même, il possédait un étrange bouclier accroché à son dos. Habillé de rouge, munie d’une ceinture jaune, il marchait sans
encombre.
Les tentions montaient parmi les électeurs, ils commençaient à perdre patience, bien que les résultats paraîtraient exactement à l’heure prévu. Pendant ce
temps là, l’ombre floue d’un autre homme se baladait sur les immeubles. Cet homme volait lentement, discret et rêveur, fermant les yeux pour mieux imaginer ce qu’il allait faire, pour mieux
penser la puissance qu’il avait entre les mains. Il était d’une taille moyenne et plutôt mince. Il portait une cape, et ce n’était pas une mode répandue. Sa coiffure était pour le moins
excentrique, et, visiblement, il s’était teint la peau en blanc. Il se rapprochait de plus en plus du bâtiment, descendant finalement sur la quatrième plate forme. Cette plaque était comme posée
sur le toit de l’immeuble du dessous, pour en souvenir un nouveau, encore plus haut. Il n’y avait ni barrière protectrice, ni aucun moyen d’accéder à cette espace interdit, et pourtant si
beau.
L’homme à la coiffure étrange s’était finalement posé dessus, pendant que l’autre, le grand habillé de rouge, disparaissait dans une rue. Cet homme qui
portait le bouclier s’appelait Gameon. Dans la rue étroite où il n’y avait personne, il décidait de commencer son opération. Fermant ses mains et en se concentrant, il créa un lasso d’énergie. Ce
câble vert et résistant était apparut entre ses doigts. Gameon lança cette corde vers le haut de l’immeuble, il était alors presque invisible pour la foule qui commençait à crier victoire, alors
que le visage du vainqueur n’était pas encore apparut. Le grand homme se hissa en courant sur les parois bleue, semblant voler tellement il lui était facile de grimper.
Une fois arrivé sur la quatrième plate forme, il retrouva son coéquipier.
-
J’ai failli t’attendre, Gameon…
-
Désolé, mais je vole pas, moi…
Les deux amis se rapprochèrent et regardaient la télévision publique, l’écran paraissait tout petit, les résultats n’étaient pas encore dévoilés.
-
Tu es certain de ce que nous allons faire ? Demanda Gameon.
-
Il ne se trompe pas…Dit l’autre.
-
Espérons qu’il n’y a pas de fuites…Je n’aimerais pas qu’on me photographie…
-
Tu as peur ?
-
Hein ? Tu rêves, mon jeune Radeon, tu crois que j’ai peur ? Tu penses que j’ai eu une seule fois peur dans ma vie ?
-
Je le pense, oui. Tu n’as personne pour t’aider, contrairement à moi.
-
Que te dit-il ?
-
Il m’a dit que je dois tuer Umano…Il m’a aussi dit que je n’y arriverais pas aussi facilement…
-
Tu me dis ça maintenant ? J’ai quand même une question…
-
Laquelle ?
-
L’entends tu vraiment ? Arrive-tu à le voir ? Quelle forme il a ?
-
Tu ne seras pas le premier qui ne me croit pas. Je ne sais pas quelle forme il a, je ne l’entends pas, je le sens. Je comprends ce qu’il me dit, mais moi-même, je ne sais pas si il
est réel ou pas.
Des applaudissements et des cris de victoire retentirent, l’élégant visage d’Umano apparaissait sur le large écran. Ce nouveau président avait été élu avec
soixante-dix sept pourcent des voix.
-
C’était inévitable, conclut Gameon, en baissant la tête.
-
Il me l’avait dit…
-
Ce n’est que ton esprit. Tu te laisses contrôler par ton esprit !
-
Je n’ai jamais eu de problèmes pour le moment. Il me protège.
-
Allons-y, avant qu’Umano ne fasse un discourt.
Gameon raccrocha sont lasso sur la cinquième plate forme orange, qui se trouvait à une centaine de mettre plus haut. Radeon, lui, n’avait ni besoin de ses
mains, ni besoin de ses pieds pour l’atteindre, il se contenta d’y penser, et son corps montait déjà au ciel.
Quelques secondes après, ils montaient à une vitesse fulgurante, avant de s’arrêter devant leur but.
2
Sur la cinquième plate forme se trouvait une surprise de mauvais augure. Armés jusqu’aux dents, les forces de l’ordre s’étaient préparés à leur faire face.
Gameon n’avait pas eu d’autres choix que de s’arrêter devant eux, Radeon fit de même, pour ne pas abandonner son collègue.
Parmi les policiers se trouvait leur chef, légèrement plus grand. Seul le chef pouvait se permettre de ne pas porter la visière cachant les yeux. On pouvait
alors voir qu’il possédait de longs cheveux lices, une peau pâle et des yeux noirs.
-
Urk, tu es une sangsue ! Cria Radeon, pourtant sans surprise.
-
Les gars comme toi, au service de l’état, sont des traîtres envers la population ! Lui pesta Gameon de toute sa force.
-
Je respecte la démocratie, contrairement à vous, je ne suis pas un terroriste !
Sur ces mots, Urk, le chef, fit signe de la main pour ordonner de tirer. Juste à ce moment là, Radeon se mit à sourire.
-
Pourquoi tu te marres ? Demanda Urk, n’ayant pas encore exécuté l’ordre.
-
Vous êtes insignifiants !
Sur cette provocation débuta le combat. Radeon fit un salto arrière pour éviter les premières balles, pendant que Gameon se tournait, mettant à l’épreuve son
bouclier, tout en bougeant le plus vite possible. Une fois son saut terminé, Radeon tendit ses mains vers le premier policier qu’il vit, et, après avoir lancé un nouveau sourire, il utilisa son
deuxième pouvoir. De fulminants éclairs sortirent de ses mains pour venir foudroyer plusieurs hommes, pendant que Gameon, armé de son lasso, s’emparait de plusieurs hommes à la fois afin de les
balancer dans le vide. Il en prit deux autres et les fracassa contre le bâtiment, dont les vitres sautèrent.
Il ne restait qu’Urk, armé d’un énorme fusil. Prés à tirer, il visait Radeon. « Attrape-moi ça ! »
Il appuya sur la gâchette, mais le jeune homme à la cape fut bien plus rapide. Alors que le projectile se déplaçait dans le canon à une vitesse incomparable,
Radeon réunit une forte énergie entre ses mains, une étrange sphère d’énergie qui emprisonnait aussi la lumière. Tout cela en une fraction de seconde. Le bruit de coup de feu n’était même pas
terminé que l’énorme balle qui venait d’être tirée se trouvait coincée dans cet étrange bulle de force.
-
Non mais ce n’est pas possible ! S’extasia Urk, voyant ce remarquable pouvoir.
-
Si…C’est possible !
Ne retenant plus l’énergie qu’il avait entre les mains, il écarta ses bras et laissa retomber la balle. Une fois qu’elle rentrait en contact avec le sol, une
explosion retentit. La fumée s’élevait à plusieurs dizaines de mètre. Radeon en avait profité pour se laisser tomber du haut du bâtiment, contrôlant sa chute, pendant que Gameon avait décidé de
fuir derrière, armé de son lasso.
Les regards des gens peinaient à suivre Radeon, qui tombait pour enfin poser les pieds au sol. Dès son arrivé, les photographes l’avaient déjà mitraillés. La
foule était autour de lui, ils s’étaient désintéressés de la télé pour regarder l’homme étrange, qui souriait. « Hum », laissa t-il échapper en les regardant. Il partit d’un pas pressé
alors que les objectifs des photographes l’immortalisaient de nouveau. Personne ne le suivait, ils imaginaient ce qu’il pouvait leur arriver, la peur
et les frissons les parcouraient de haut en bas. Seul les journalistes tentèrent de l’accompagner, mais une fois dans les rues étroites, l’homme à la cape avait disparut.
3
Dans le pilier de la ville se trouvait des dizaines de milliers de logements collés les uns aux autres. Une loi interdisait la surveillance du voisinage,
bien que la sécurité était basée sur le respect et la civilité. Il n’y avait pas de problèmes de violences ou de délinquance, mais de toutes manière, il était impossible aux forces de polices de
surveiller ces zones. Tout était bien trop complexe, il y avait des étages entre les étages, des zones plus petites que d’autres, des salles et des endroits privés. Pour ceux qui ne connaissaient
pas, c’était un gigantesque labyrinthe organisé avec des portes menant un peu partout.
Radeon ne s’y perdait plus, il savait exactement quel couloir emprunter pour arriver chez lui. Après avoir tourné de nombreuses fois, il arrivait à
l’appartement soixante dix huit du cinquante-sixième niveau de la troisième plaque Est. Pour résumer, il logeait au deux cent cinquante-sixième étage alors que le pilier en comptait deux cent
trente. L’homme à la cape tournait la clé dans la serrure pour ouvrir la porte de son logement. Il faisait frais et sombre, Radeon n’ouvrait pas la lumière. Son logis était composé de trois
pièces. Une salle de bain, une pièce qui servait de salon et de cuisine, puis une autre de chambre super informatisée. Une fois rentré il fermait la porte, seul l’écran blanc de l’ordinateur
illuminait le fond. Entre la cuisine et la chambre, il n’y avait pas de porte. Radeon vivait seul et avait rarement des invités. Faisant quelques pas en évitant le mobilier, il se laissa tomber
dans son grand fauteuil en soupirant. « Je sais, tu me l’avais dit… » Dit-il après avoir fermé les yeux. Son corps se reposait après avoir affronté le monde. « Il faut
réessayer ? Comment ? L’idée viendra de moi ? ». Il ne bougeai plus, mais sentait la présence de son esprit, à l’intérieur de sa tête. Un esprit qui évoluait à côté de lui, un
inconscient qui ordonnait, qui songeai et calculai.
« Il va appeler… ? » Juste après avoir sentit ces paroles, le téléphone sonnait. Le portable se trouvait sur le bureau bien chargé de
documents. Radeon accepta l’appel et cola le téléphone à son oreille.
-
Oui, c’est moi !
-
Gameon ? J’en étais sûr…
-
Tu as vu les infos ?
-
Peu importe, tu sais bien que je n’ai pas de télé…
-
Je sais, mais ils parlent de toi ! Tu es recherché maintenant. Umano a fait un discourt à propos de la sécurité…
-
Quel genre de discourt ?
-
Le genre que t’aimerais pas…T’a déjà la photo de toi dans les journaux et à la télé !
-
Hum…
-
Tu t’es laissé photographié ? T’es malade !
-
Peu importe…
-
Ils nous traitent de terroristes, et ils te prennent pour exemple !
-
Tu as peur ?
-
Hein ? Il n’est pas question de ça. Tu imagines un peu si c’était moi ?
-
Tu verras, tout ça changera dans peu de temps…
-
C’est ton esprit qui te l’a dit ? A force de l’écouter tu as fini par trop te faire remarqué, fait bien attention à toi…
-
Peu importe…Merci.
Gameon raccrochait le téléphone de son côté, pendant que Radeon reposait déjà le sien sur son bureau. « Oui, tu as raison…Cela m’importe peu, les medias
sont corrompus ».