Episode 2, La rose noire (chapitre 1 à 3)
1
Ce fut une nuit d’Août que le destin fit tomber le premier véritablement venu. Etait-il si impatient de venir ?
Dans les airs se dessinait un point que nul ne pouvait distinguer de ses yeux nus. (Une légère pluie mélangée à de la brume cachait les étoiles, voilait le ciel…)
Ce qu’il y avait en haut aurait pu être assimilable à une météorite. De plus en plus qu’on se rapprochait du futur point d’impact, l’objet qui tombait semblait arriver plus vite.
Il n’y avait personne pour apercevoir cet écrasement… Quelques minutes passèrent avant que ce point noir ne s’écrase dans un champ de blée. Le choc avait formé un cratère, et la terre en morceau
avait sautée un peu partout sur une dizaine de mètres, le sol avait même tremblé quelques instants.
En se rapprochant de la cavité, il aurait été possible de voir un jeune garçon qui semblait n’avoir qu’une quinzaine d’années.
Une telle chute aurais du le tuer, ou pire, le déchiqueter, l’éclater sur le sol dur…C’était le sol qui c’était écraser sous son poids.
D’où était-il tombé ? D’un avion ? Pourquoi pas de l’espace ? Avait-il traversé la couche d’ozone et l’atmosphère sans se consumer comme tout objet passant par là ? Il avait
toujours ses vêtements…Tout en noir habillé, une peau pâle et sans défauts et des cheveux aussi sombre que le désespoir. Il ouvrit les yeux…Le claire de lune permettait de voir que ses pupilles
complétaient son physique.
Il se releva doucement, la terre s’effritait sous ses longues bottes noires.
D’un regard vide, il balaya les environs et commença à marcher. Comme un âme errante, il ne s’arrêta pas durant plusieurs heures.
Il commençait à pleuvoir, il n’en avait rien à faire. Aucune pensée ou presque, ne traversait son esprit. Son seul but, marcher droit devant lui. Pour fuir ? Pour atteindre quelque
chose ? Il ne connaissait rien de ce monde…
Bien que la pluie était faible, elle allait encore durer plusieurs heures…L’eau de pluie de ce monde moderne étant piquante, elle écrasait les uns et les autres contre un mur de tristesse…
A l’aube, le garçon continuait de marcher, mais se trouvait à présent dans un village. Il était sept heures, les rues étaient désertes, et de fines gouttelettes continuaient de tomber. Les
maisons de ces petits quartiers n’étaient pas éclairé par des lampadaires, il n’y avait rien de bien moderne…Personne, un calme horrible dans toute la rue.
Ce fut vraiment une coïncidence qu’il se trouvait juste là, à un arrêt de bus, quelques enfants de son age qui attendaient, tranquillement, leur moyen de transport scolaire.
Bien qu’ils fussent encore en vacances d’été, ils avaient étés volontaires pour ne pas s’ennuyer dans ce pauvre patelin. Ces trois jeunes avaient repris des cours plus tôt, il y avait au lycée
des ateliers de d’art et de musique.
- Regardez là bas ! C’est un nouveau,
non ? Alerta l’un des jeunes.
- Je ne sais pas…
- On aurait entendu parler, je crois…, dit une
fille qui se trouvait à côté des deux gars.
Pendant ce temps là, le jeune en noir continuait à avancer…
- C’est peux être un type du bus, non ?
- Regarde, dit l’un des deux garçons en
chuchotant. Il est tout en noir…
- Il arrive.
Instinctivement, l’un des garçons vint lui tendre sa main quand il fut à porté. Aucune réaction, de la part de l’inconnue. N’étant pas fâché pour autant, il engageait quand même la discussion.
- Salut…T’es un gars du bus ?
- Non ? Tu n’es pas habitué à dire
bonjour ?
Cette question pouvait paraître idiote, mais la réponses n’était pas si évidente qu’elle aurait du l’être. L’inconnue n’avait pas l’habitude de serrer une main, et heureusement qu’il ne l’avait
pas fait… Tout de suite, les trois élèves virent qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas.
Ce fût toujours le même garçon qui lançait la conversation.
- T’es trop timide, ça fais rien. Le bus, il est
en retard. Avec cette pluie, je ne sais même pas s’il va passer…
- C’est embêtant d’habiter un village éloigné, dit
la fille un peu énervée. On partira dans deux trois minutes s’il n’arrive pas.
L’abri bus était couvert, le jeune en noir n’avait pas bougé depuis qu’il était arrivé ; même pas pour se mettre au-dessous, pour échapper à la pluie qui devenait battante.
Quand cette colère du ciel s’atténua, après plusieurs minutes, le deuxième garçon s’impatienta.
- Allons-y maintenant, sinon nous ne pourrons peux
être plus après…
- Moi, je vais rester quelques instants, au cas
oû… Dit la fille. Cette nuit, j’ai tellement pensé à ce que j’allais faire aujourd’hui…Cela serait trop dommage qu’il ne vienne pas…
- Bon, alors, comme tu voudras, répondit l’autre.
A demain alors ! »
Les deux garçons retournaient chez eux en empruntant la même direction, laissant la fille seule avec le garçon habillé de noir.
Une fois que les deux découragés étaient suffisamment loin, la fille commença à s’intéresser au nouveau venu. Elle le prit par l’épaule, pour qu’il soit au-dessous de l’abri bus. Elle eu
cependant du mal à le tirer, c’est lui-même qui s’avança pour ne pas la voir peiner.
- Comme ça, ce sera beaucoup mieux je crois !
- …
- Tu dis vraiment rien….T’es un grand timide toi.
Elle portait sans cesse son regard sur le visage pâle du jeune. Il regarda alors son interlocutrice d’un air un peu absent.
- C’est que….Ca fait bizarre….
- Ah bas voilà ! Tu parle enfin ! Qu’est
ce qui fait bizarre ?
- Je me sens tout bizarre…
- Mais qu’es ce que tu veux dire par
bizarre ?
Le jeune garçon regarda ses mains, le ciel, les bâtiments d’un air absent. Finalement, il retourna son regard vers la fille.
- Je ne me rappel plus de ce qui c’est passé…Je ne
me rappel plus de rien…
- Hein ? Comment tu t’appel au moins ?
- Je….Je ne me rappel plus non plus…
- Arrête, tu le fais exprès !
La fille rigola un instant avant de comprendre que ce n’était pas une blague et que cette situation était assez inattendue.
- Faut que tu ailles voir un médecin. Retourne
voir tes parents et dis leur ce qu’il t’arrive.
- Mais je ne sais pas d’où je viens…Retrouver mes
parents mettrait beaucoup trop de temps, de toute manière…
La fille fut un peu étonnée de voir l’expression triste qu’avait le jeune en parlant de sa famille.
- Ils n’habitent pas si loin que ça quand
même ?
- Tu les connais ?
- Je ne connais pas tes parents moi, je ne sais
même pas qui tu es !
- Je te parle de tes parents…Lui répondit-il alors
qu’elle était toute confuse.
- Mais oui, je connais mes parents.
La fille parut soudainement désolée, ayant mal comprit le garçon. Elle prit un air désolée avant de s’excuser.
- Je suis désolée, je ne savais pas que tu ne
connaissais pas tes parents….
Au contraire, le jeune parut soudainement très intéressé.
- Comment tu as fait ?
- Pour avoir des parents ? Demanda la fille
d’un air stupide.
- Non, pour les retrouver !
- Je ne les ai jamais perdu.
Sur cette réflexion, qu’elle avait hésitée à énoncer, elle recommençait à réfléchir encore plus, pour vérifier si elle avait finalement bien comprit la question.
Après quelques secondes, le jeune garçon décidait de mettre un terme à cette confusion.
- Heu….laisse tomber, ça fait rien…
- Tu as reçut un sacré coup sur la tête toi !
Elle réfléchit quelques temps encore, avant de lui faire une proposition.
- Bon, alors tu vas venir chez moi, on va
s’occuper de toi.
- Merci…
La fille commença à partir, suivit du jeune garçon, elle se retourna brusquement…
- En faite, je m’appelle Sophie Breiks…Quant à
toi, tu me diras ton nom quand tu iras mieux.
Elle continua ensuite sa route avec me garçon en noir, qui se confondait avec le mauvais temps.
2
La fille s’arrêta devant une demeure assez banale, comme toutes les autres maisons du quartier. C’était assez accueillant, il y avait un petit jardin entouré d’une clôture munie d’une porte en
bois.
La fille passa cette barrière en ouvrant le loquet, puis ouvrait la porte principale. Une fois rentrés, ils sentaient une constante odeur de nourriture. La porte d’entrée donnait directement sur
la cuisine, qui faisait par la même occasion salle à manger. Une lumière au centre du plafond diffusait une faible lumière orangée qui les éclairait à peine. Les parents de Sophie étaient très
économes au sujet de l’électricité. Ils n’allumaient les lumières principales que la nuit, quand c’était l’heure du repas. Il y avait beaucoup de
meubles en bois, le papier peint, blanc crème, laissait plus facilement apparaître les diverses décorations. Des cadres contenant des photographies et des peintures, des statues…
Certainement rien à voir avec les autres maisons du quartier. De toute évidence, les parents de Sophie avaient voyagé, ou avaient eu beaucoup de bonnes occasions au cours de leur vie.
Justement, ils se trouvaient à table en train de prendre leurs déjeuné. Le jeune homme ne montra aucun étonnement quand il regarda l’état de la table. Sur celle-ci était disposé une quantité
impressionnante de nourriture. Biscotte, lait, œuf au plat, confiture, brioches, etc.…
- Il n’y a pas de bus aujourd’hui
maman !
Les deux parents ne semblaient pas surpris de la situation, ils fixaient juste le jeune garçon.
- C’est bien ça… Et lui ?
Son look inhabituelle pour la région faisait de lui un bon sujet de conversation. Une ceinture qui dépassait de quelques centimètres, le maillot d’une texture étrange, recouvert d’une veste sans
manche, qui ressemblait en plus de ça à un bouclier.
Son pantalon ressemblait à un jean, mais ce n’en était pas vraiment un…Il se rapprochait très lentement, la lumière l’éclairait mieux…
Tout le monde remarquait que ce n’était pas un vêtement ordinaire. La texture brillait légèrement, tout en restant d’un noir vide.
- Ah oui, lui, il ne se sent pas très bien. Je ne
sais pas trop ce qu’il a eu. »
Il Salua de la main les deux parents. Le garçon comprit qu’il fallait qu’il dise au moins un mot pour les rassurer.
- Je ne me sens pas très bien, je ne me souviens
de rien…
- Tu ne sais pas où tu habites ? Demanda la
mère d’une voix très calme.
- Non…Je ne me souviens de rien…
Le père ne se fit pas attendre pour conclure :
- Hé bien dans ce cas, tu peux rester ici quelques
temps.
- Repose toi un peu et ça ira mieux, conseilla la
mère.
- Merci.
- Viens, je vais te montrer la chambre
d’amis !
Sophie était toute contente d’avoir réussit à emmener ce garçon chez elle. Fière de ses parents, elle était contente d’avoir des nouveaux amis. Sophie avait pour but de
connaître le plus de monde possible, pour ne jamais se lasser de la vie.
Son père, Adam Breiks louait des maisons un peu partout dans le département. Il partait souvent l’après midi, pour entretenir les maisons qu’il s’apprêtait à faire louer. Elma Breiks, quand à
elle, restait à la maison et passait son plus grand temps à se reposer, à lire et à s’occuper de la nourriture, des vêtements, du repassage et de tout ce qui concerne une vie au foyer.
Les deux jeunes montaient les marches qui menaient aux chambres. Sophie ouvrit la troisième porte au fond, pour entrer dans une pièce poussiéreuse. Au milieu contre le mur était disposé un grand
lit. Bien qu’il n’y eu aucune toile d’araignée, il y avait une mauvaise odeur de renfermé.
- Bon, ce n’est pas du luxe, mais je pense que ça
ira pour quelques heures !
- C’est parfait, dit le jeune pour la rassurer.
Sophie alla directement s’assoire sur le lit déjà préparé. Il était grand mais semblait dater de plusieurs décennies. Un peu haut, le matelas était au-dessus d’un rigide sommier, celui-ci devait
pouvoir supporter plusieurs centaines de kilos.
Dés que le garçon alla s’asseoir lui aussi, le lit, pourtant solide, s’enfonça dangereusement. Ils entendirent quelques ressorts s’écraser en résonnants, quelques craquements qui s’arrêtèrent
bien vite…
- Hé bas dis donc, le lit prend de l’age !
- Oui, je crois…
- Ce n’est pas l’heure de dormir…Je viens à peine
de me lever…
- Moi je n’en sais rien…Je suis comme perdu dans
le temps…
- Quoi ?
- Je ne sais ni d’où je viens, ni où je dois
aller. Je ne me rappel plus en quelle année nous sommes, je ne reconnais aucun détail de ce pays…
- Tu te rappel toujours pas ton nom ?
Le jeune homme cherchait, en mettant ses mains sur sa tête pour se concentrer.
- Je crois que je m’appel Kyru.
- Je n’avais encore jamais entendu ce nom… Quoi
qu’il en soit, tu es bien une personne que j’ai envie de connaître.
- Si tu veux me connaître, tu vas être surprise.
- Pour le moment, tu devrais te reposer un peu,
non ?
- Ca va te paraître bizarre, mais j’ai
l’impression d’avoir dormis trop longtemps…Mais je vais quand même essayer. Si cela peut me faire retrouver la mémoire…
- Tu as raison. Je vais te laisser, je reviendrais
vers onze heures, ça te va ?
- Oui…Merci de ton aide…
Sophie se leva du lit d’où quelques craquements qui s’en suivirent. Ce même lit, qui avait plongé de plusieurs centimètres, supportait à peine l’immense poids du jeune homme. N’ayant rien à
faire, il se couchât quand même, admirant la simplicité du plafond…Cela ne l’ennuyait pas, car toutes ses pensées étaient fixées sur la recherche de ses souvenirs. Pendant ce temps là, Sophie
s’imaginait tout un scénario sur la vie de ce jeune…
S’il habitait le quartier, il pourrait alors venir plus souvent ; elle se sentirait alors moins seule.
La jeune fille n’imaginait même pas à quel point sa vie allait changer.
Les parents, eux, pensaient simplement que ce n’était qu’une affaire d’adolescents. De toute évidence, c’était de leur age, et même s’ils auraient mentis à propos de cette histoire, cela ne les
aurait que peu importuné.
Pourtant, à quelques reprises, ils pensèrent à des inconvénients, mais finalement se mirent d’accord de ne plus y penser. Exceptionnellement, les deux adultes allaient partir tous les deux. La
mère, pour aller faire des courses, emmené par le père qui ira à son travail. Ils partaient après avoir prévenu leur fille.
Vers dix heures, les deux jeunes s’étaient quand même endormis. Le temps était toujours orageux, le ciel était d’un noir profond et la tension atmosphérique montait doucement. Il n’allait falloir
que peu de temps pour que cela n’éclate. Le calme du quartier fût troublé par l’arriver de deux camions de l’armée, lancés à pleine vitesse. Ceux-ci étaient suivis d’une belle voiture noire et
brillante, comme un reflet d’encre black. Les deux portes arrière de la magnifique Mercedes s’ouvraient doucement, pendant que les autres hommes armés dévalaient de leur camion par groupe de
deux. Il sortait de la voiture deux hommes en costume noir…Des agents de l’OAM.
Cette fameuse Organisation d’Analyse Mondiale n’était pas très connus, elle fourrait son nez dans des affaires étranges.
Cet ordre était très fermé. Les gens y travaillant étaient, heureusement pour eux, très peu bavards.
Les deux agents aux lunettes teintés et aux chaussures lustrés ne manifestaient aucune émotion.
Leurs accoutrements noirs allaient parfaitement avec l’humidité du bitume.
Il s’en était fallut de peu qu’ils ne soient japonais. Le siége de l’OAM se trouvait à Tokyo, et les agents locaux qui y étaient employés avaient encore moins d’humanisme que ces deux là.
Un seul regard d’expert autours d’eux, leur suffit pour connaître les lieux. Ils commencèrent à marcher vers la maison, pendant que les soldats bien équipés terminaient de rejoindre leurs
positions. Il y avait désormais tout autours de la demeure, des hommes et des armes bien postés pour empêcher toute fuite. Cette opération avait fait peu de bruit, mais Sophie, elle, l’avait
entendue. Intriguée, elle s’était mise à sa fenêtre. D’un pas rapide, elle se dirigea vers la porte et l’ouvrait alors qu’elle était encore à bout de souffle.
Un des deux agents avait justement le doigt sur la sonnette.
- Tu habites ici ? Demanda t-il d’un ton
accusateur.
- Oui, vous voulez quoi ?
- Nous avons observés une chose qui devrait se
trouver ici…Tu n’a rien vu d’étrange ces derniers temps ?
Sophie hésitait, à ce moment là, elle ne pendait pas qu’un tel débarquement soit en rapport avec Kyru.
- Il n’y a rien…a part…
- Dites nous !
- J’ai rencontré un jeune homme amnésique ce
matin…
Les deux hommes tournèrent leur tête pour se regarder, ils approuvèrent leur idée d’un signe de la tête.
- C’est lui que nous cherchons…Il est ici ?
- Il est à l’étage…
Les yeux des deux agents s’éloignèrent derrière la fille pour regarder Kyru, qui venait d’arriver…
- C’est ça ! Il ne faut pas qu’il
s’échappe !
Ils se dirigèrent en courant vers le jeune homme en noir, en poussant violement Sophie sur le mur.
D’une souplesse et d’une grande agressivité, les trois agents prirent chacun à leurs tour un morceau de vêtement du jeune homme…Ils commencèrent à tirer mais sans suite…Kyru ne bougeais pas d’un
pouce.
- Pourquoi me cherchez vous ? Demanda t-il
calmement.
- Ce sont les ordres ! Tu n’es qu’une de ces
choses tombée du ciel ! Laisse toi faire !
- Pas question ! S’écria t-il.
Les deux agents se déchiraient les mains à vouloir tirer le jeune, dont une des mains fouillait dans un sac accroché au pantalon.
3
Une fois qu’il trouva ce qu’il cherchait sans sa sacoche, il dit d’un ton très provocateur :
- Vous n’avez aucun droit…
Après ces mots, le jeune homme leva sa main droite. Presque instantanément, les trois hommes furent projetés en arrière.
Une onde de choc était apparut et les soldats postés autours de la maison resserraient leur position.
- Kyru…Comment tu as fais ! S’empressa de
demander Sophie qui s’était relevée.
Sans prêter attention à sa question, le jeune fit quelques mètres devant la fille.
- Ferme la porte…Je vais m’occuper d’eux…
La jeune fille, apeuré par ce qu’elle avait vue, préféra l’écouter. Elle refermer la porte au moment ou le jeune homme était parvenu à la clôture en bois.
Ses pas résonnaient maintenant sur le bitume. On entendait les hommes se préparer à tirer. Les deux agents, qui avaient compris le danger, étaient retournés à la voiture…Tout devint calme
quelques secondes, la curieuse fille décida finalement d’entrouvrir la porte pour observer ce qui se passait…
Une vision commença à perturber tous les hommes qui se trouvaient en face…Kyru s’était mis à briller. De plus en plus étincelant, son corps dégageait de la chaleur qu’il était possible de sentir
à plusieurs dizaines de mètres. Bientôt, il fut impossible de distinguer son profil. Il y eu un premier flash qui aveugla tout le monde, empêchant toute réaction. Le jeune homme en noir tenait à
présent une boulle de lumière dans sa main droite. Il pointa cet objet splendide vers les deux camions… Ce fut presque instantané, les deux véhicules se mirent à fondre avant d’être ensevelie par
des flammes blanches, qui venaient directement de la main droite de Kyru. Une explosion surgie, mais ce n’était rien comparé au rayon de feu qui était en train de brûler le bitume. Lui aussi
commençait à fondre, en se fendant de toute part.
Quand ce même rayon s’arrêta, tout le monde pouvait voir qu’il était apparut une faille de plusieurs mètres de profondeur… Le jeune homme tenait une boule blanche dans chaque main, il les leva au
dessus de sa tête… Une onde se propagea aussi vite que le son, en la direction des soldats qui faisaient tout pour fuir.
Ils furent vite rattrapés par cette énergie déstructrice. La grosse boule étincelante qui était au-dessus de Kyru, s’effondra sur elle-même. Des flammes blanches consumèrent presque en même temps
tous les soldats, dont il ne resta bientôt plus que des cendres.
La Mercedes noire n’avait pas encore bougé qu’elle attira l’attention de Kyru. Au moment ou elle commençait à accélérer, un autre rayon vint à sa rencontre…Elle fondit avec ses quatre occupants,
une deuxième faille était apparut dans le bitume.
Sophie croyait cauchemarder devant tant de destruction…Cela ressemblait aux illusions qu’elle avait de temps en temps.
Jamais personne sur terre n’avait eu à voir cela, c’était une véritable scène de film …
Elle pouvait appeler ça de la magie…Existait elle alors vraiment ?
La jeune fille remarqua quand même que la boule étincelante que Kyru avait dans la main, n’était pas totalement disparu…Il tenait désormais une minuscule bille noire qu’il remettait dans sa
sacoche. Etait-ce vraiment de la magie ? Ou alors ce n’était qu’un simple objet venu d’ailleurs ? Elle se mit à courir vers lui…
- Kyru ! Comment as-tu fait ? Ce n’est
pas possible !
- Ce n’est rien, fit le jeune homme, ayant pris
une voix totalement rassurante.
Chacune de ses paroles étaient digne de confiance, la fille écoutait avec attention chacun de ses mots.
- Mais…Tu les as tués !
- C’est juste un moyen de défense, rajouta t-il,
ils ne devaient pas mourir…Ils sont trop fragiles…
- C’était évident qu’ils meurent… Tu croyais
qu’ils allaient pouvoir se protéger ?
- Je ne comprend plus rien…Les humains n’étaient
pas si fragiles avants…Mais je ne sais pas pourquoi je suis arrivé ici, et pourquoi ils voulaient m’avoir…Je ne les connaissais pas…
- Moi aussi je ne comprends rien…
Les deux jeunes étaient encore confus sur leur situation…Il y eu un déclic dans l’esprit de Kyru.
- Je t’expliquerais…
D’un pas incertain, il s’empressa de partir, suivant la route sans un seul regard en arrière.
- Où vas-tu ? Cria Sophie…
Elle n’eut pas de réponse à sa question, car le jeune homme ne savait rien non plus de sa destination.
Tout ce qu’il avait en tête, c’était de partir chercher des indices sur ce qu’il se rappelait. C’est un peu chercher quelque chose sans savoir quoi. La fine pluie se transformait en orage, les
grondements funestes faisaient vibrer les murs, et les rafales de vents venaient frapper les villages de plein fouet… Le monde se préparait déjà à souffrir le martyr.
Sous la tempête avançait toujours le jeune homme en noir, et il marchait sans aucune difficulté face à ces bourrasques qui se déchaînait. Après
plusieurs dizaines de minutes dans cet enfer de vent et de cascade glacés, il fut surpris de voir la silhouette d’une jeune fille qui le suivait avec peine, le dos courbé pour éviter de se faire
emporter par le temps. Surprit, il courut à sa rencontre…
- Sophie ! Qu’es-ce que tu fais là ?
La fille ne semblait même pas vouloir se protéger des trompes d’eau. Elle n’avait que faire de toute cette flotte qui n’avait pas grande importance par rapport à ce qu’elle avait subit toutes ces
années.
- Je veux te suivre…Si tu es quelqu’un de spécial,
je t’ai cherché tant d’années…
- Le regard de Sophie était si triste et si
confiant, Kyru ne discernait pas des larmes qui lui coulaient, toute la pluie qui tombait sur son visage dissimulait cette faiblesse. Elle rajouta :
- Je n’ai pas envie de te perdre et je te
suivrais, quoi qu’il arrive.
- J’ai bien peur de t’entraîner dans des
événements bien plus complexes que tu ne peux l’imaginer…Pour tout te dire, je ne sais pas ce que je fais ici. Je n’ose même pas croire que je suis dans un autre monde…Je n’ai pas encore retrouvé
toute ma mémoire, mais quelque chose me perturbe.
- Un autre monde ? Demanda Sophie d’un ton
aiguë.
- Je ne sais pas…
- Je suis prête à te croire, après ce que j’ai
vue…
- Continuons le chemin, je dois avancer, je
finirais bien par me rappeler.
Il recommença donc à marcher, suivit de Sophie.
Bien qu’ils ne sachent pas vraiment oû aller, leurs pas étaient précipités. Certainement qu’au fond, ce qui motivait leurs pas était tous simplement la fuite…La peur de découvrir d’horribles
surprises au long de leur voyage…
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