La montagne de feu
Dans les terres brisées du Sud se trouvait de bien différentes cultures. Les hommes y vivaient d’autres expériences de la vie. Dans le dangers omniprésents, ils essayaient de trouver des divertissements en organisant des chasses où s’entraînant en pensant aux gladiateurs. La diversité des peuples de ce territoire permettait normalement aux voyageurs de ne jamais être déçu et de ne jamais voir la même chose…Cependant, moi j’avais déjà vu le principal.
Il y avait dans certains peuples de bons principes, mais il existait parfois des lois qui désavantageaient un certain type de population.
Pourquoi les terres du Sud étaient-elles brisées ? Je ne savais toujours pas pourquoi, c’était la seule question que je me posais.
J’allais découvrir qu’un fléau menaçait non seulement tout le continent, mais aussi le monde.
C’était à l’aube, le temps était comme à son habitude très frais avant la monté du soleil et les grandes villes, pas encore réveillés, étaient silencieuses. Les remparts larges de plusieurs mètres étaient munis de portes tous les trois cent mètres, celles-ci protégés par des gardes le plus souvent corrompus par les riches gens de la ville.
A quelques lieux de là, trois caravanes arrivaient. D’une taille plus importantes que les autres, elles venaient certainement d’une contrée plus lointaine. Ces véhicules tractés par de gros rhinocéros blancs contenaient certainement beaucoup de provisions, assez pour survivre plusieurs semaines.
Moi qui étais voyageur, je n’avais encore rien vu de ce continent si différent, je me trouvais prés d’une des portes qui permettait l’entrée au Nord de la ville, je voyais ces grosses caravanes arriver, et, sous le spectacle des grosses bêtes blanches qui traînaient sans mal ces gros véhicules, je décidais de m’arrêter pour voir les gens qui étaient à l’intérieur.
Ayant été patient plusieurs minutes, je me rendis compte que la lenteur de ce moyen de transport devait être compréhensible, je me rendis plus prêt de la porte et j’entamais la discutions avec un garde.
- De quelle contrée peux bien venir ces caravanes ?
- Ah, elles sont rares…Elles viennent du lointain peuple des Raese. Leurs femmes travaillent dans les quartiers Nord de la ville.
- Que dont-elles ?
- Elles ont des doigts très fin et très agiles. Les riches hommes de la ville qui font tisser leurs tapis en soie sont obligés de les employer…Mais…
- Je comprend, mais quoi ?
- Les hommes riches de cette ville sont difficiles, et je crains qu’on ne puisse accepter que deux caravanes…Ils veulent les meilleures, certaines de ces jeunes femmes n’on pas des doigts parfaits comme les autres.
- Après tout le chemin qu’ils ont fait ? Vous voudriez les renvoyer ?
Sur ces mots, le garde ne répondit pas, il se contenta d’accueillir un homme noblement vêtu qui sortait de la ville via la grande porte légèrement entre ouverte et qui se refermait aussitôt. Il portait une tunique rouge et un chapeau en cuir qui semblait de haute qualité. Certainement était-il au service d’un riche car sa moustache noire et ses lourds sourcils n’étaient pas vraiment appréciés, ils étaient destinés aux hommes de services.
- Ils arrivent en retard, dit cet homme d’un air accusateur, comme si il les soupçonnait d’avoir pris leur temps.
- Ils nous arrivent de si loin, se précipitât de dire l’un des gardes, et je suis certain que votre maître appréciera leur travail de qualité.
- Qu’ils viennent de loin n’est pas un problème ! Rétorqua le serviteur. Ils ne savent pas compter ! Ces peuplades pauvres qui vendent leurs femmes, quand on sait qu’on va arriver en retard, on part en avance !
Sur ces mots, ils se turent tous en attendant les caravanes qui n’étaient désormais qu’à une centaine de mètres. Je m’empêchais de regarder l’homme insolent qui semblait pressé, il n’avait qu’à écouter ses propres conseils. S’il était parti plus tard, il ne serait pas arrivé aussi en avance ; les véhicules arrivèrent bien après lui, dans une poussière qui le mit hors d’état. Ses beaux vêtements lavés la veille, d’un rouge et d’un jaune vif perdirent leur ténacité, devenant comme vieux et délavés.
Les trois caravanes prenaient la totalité de la route, chacune faisant presque trois mètres de large et six mètres de long. Leur hauteur était imposante, cachait le soleil apparaissant à l’horizon. Les grosses créatures blanches étaient effectivement d’énormes rhinocéros possédant de massives pattes arrière. Leurs yeux inexpressifs semblaient me regarder, chaque véhicule était attelé à deux de ces créatures.
Visiblement, il y avait les portes qui se trouvaient à l’arrière car il vint les trois cochers s’occupant du voyage. Le garde et le serviteur allèrent à leur rencontre, je les suivis. Le noble ne faisait pas le difficile en voyant les trois hommes arriver, étant de véritables hommes des peuplades qui se trouvaient plus au Nord.
Leurs habits se confondaient avec le paysage, la poussière leur était certainement très familière. Ils étaient manifestement ravis d’être enfin arrivé à destination.
- Quelle poussière ! Fit le serviteur en développant un sourire forcé.
- C’est ce qu’il en coûte pour déplacer tout cet attirail…, répondit un des hommes du Nord.
- Sinon, je vous souhaite la bienvenue dans notre belle grande ville…Malheureusement, nous ne pouvons accepter que deux caravanes…
Sur ces mots, les trois nordistes échangèrent des regards, comme pour se demander si c’était une blague, pour comprendre comment un tel problème a dus obliger trois caravanes à partir.
- Nous ne comprenons pas, vous êtes obligés de nous accepter, nous avons fais des mois de voyage !
- Ne nous emballons pas, je vais vérifier que vos jeunes femmes subviendront bien à la demande de mon maître.
D’un pas précipité de peur que les trois hommes puissent parler ensemble, il ouvrit lui-même les portes arrière du premier véhicule. Juste derrière son dos, je voyais à l’intérieur une dizaine de jeunes femmes brunes, avec la peau légèrement métissée.
Aucune d’entre elles parlaient et ne manifestaient une envie de sortir. Je ne comprenais pas leur caractère si différent des femmes du Sud qui seraient sorties hâtivement, ainsi je voyais pour la première fois qu’on transportait des femmes comme de vulgaires marchandises.
Le serviteur montait à l’intérieur, regardait les main des femmes, puis descendait. Il fit de même pour la deuxième, puis quand il finit la troisième caravane, il revint voir les trois hommes.
- J’ai sélectionné les deux premières caravanes, je suis vraiment désolé pour la troisième.
- Comment çà vous êtes désolé ? Je demande un remboursement du voyage !
- Mais pour qui vous prenez vous ? Vous vous rendez compte que vous m’attaquez ?
- J’en ai rien à faire, moi il ne faut pas me chercher !
L’homme qui probablement, conduisait la troisième caravane, était furieux. C’était lui qui avait l’air d’avoir le plus de caractère et de force. Je vis ses yeux rivés sur le serviteur qui tremblait de plus en plus.
- Excusez-vous tout de suite ! Ordonna le serviteur en reprenant ses esprits.
- M’excuser ? Je rêve ou quoi !
- Mais vous êtes fou ! S’écria alors le domestique d’un crie strident !
Sans dire un mot de plus, l’homme qui avait tant voyagé montait sur une de ces grosses créatures. Du haut de celle-ci, il dominait tous les autres personnages. Il regarda d’un air digne le valet qui reculait à pas lents.
Contrôlant les deux gros rhinocéros blancs, il avançait en direction de la porte en bois, et d’un coup de pattes avant, ils les brisèrent aisément.
Derrière les portes défoncées on voyait largement l’intérieur de la ville, où une dizaine de gardes, attirés par le bruit, comprirent tout de suite ce qui se passait.
Le serviteur, réalisant son impuissance, fit de grands signes de main pour ordonner aux soldats d’attaquer. Ceux-ci ce dépêchèrent de se diriger vers les caravanes.
- Hum, laissa échapper l’homme du Nord en faisant un signe à ses deux coéquipiers.
Il fit tourner les grosses créatures, une marche arrière étant impossible. Décidant de profiter du voyage et de visiter les terres un peu plus au Nord, je montais à l’arrière juste avant que la caravane ne prenne de la vitesse. Les rhinocéros blanc commençaient à balancer leur grosses pattes d’avant en arrière de plus en plus vite, la poussière volait de partout !
Je sentais que la terre devait trembler sous la furie contrôlée de ces fantastiques créatures. Visiblement, ces grosses bêtes qui tiraient lentement leur charge étaient capables d’aller bien plus vite et de développer une force phénoménale. J’étais secoué de partout, les jeunes femmes l’étaient encore plus, ils n’avaient pas encore fait attention à moi.
Je ne sais pas à quel vitesse nous allions à ce moment là, mais quand je regardais au dehors par une toute petite fenêtre, je voyais le paysage désertique défiler à vive allure. Bientôt, nous ralentîmes pour atteindre une vitesse plutôt normale.
- Qui es-tu toi ?
Une des femmes me parlait, sa voix était bien plus grave que je ne l’avais imaginé. Elles étaient toutes assissent sur des espèces de tonneaux, remplis certainement de vivres.
- Heu…Je n’ai pas encore vu votre chef, mais j’aimerais visiter vos contrées…
- Il y a un long voyage, tu es sûr que tu veux venir ?
Je me sentis soudainement bien petit, allais-je vraiment prolonger mon voyage ? De toutes manière, je n’apprendrais rien si je restais dans ces terres.
- Oui, les longs voyages ne me fond pas peur. J’ai vraiment besoin d’aller vers le Nord.
- Comme bon te semblera…, se moqua une des fille d’une voix amusante. Mais tu ne tiendras pas !
- Je verrais bien, répondis-je.
Les premières minutes furent bien calmes, les filles ne disaient rien et fixaient le sol.
Ce n’est qu’au bout de plusieurs heures qu’une d’entre elle décidais de me parler.
- Tu es un voyageur ?
- En effet, je parcours ce territoire à la recherche d’informations.
- C’est bien gai tout ça, dit-elle d’un ton ironique.
- C’est assez amusant au contraire, mais tout est plus surprenant de jour en jour…
- On ne peut pas tout savoir sur les terres brisées, fit remarquer une des jeunes femmes se trouvant à l’arrière.
- C’est vrai, avouais-je, mais il y a tant de choses importantes…
- Je m’appelle Lyela, se nomma la fille ayant engagé la conversation. Elle avait les cheveux cours et un air moqueur.
- Puisque tu va peux être rester un bout de temps, moi je m’appelle Iesa, m’informa la deuxième jeune femme à l’arrière. Celle-ci avait les cheveux incroyablement longs, mais je ne voulais pas avoir l’air trop intéressé par leur beauté.
Quelques minutes plus tard, je sentais la caravane s’arrêter, les derniers mètres furent accompagnés de tremblements désagréables.
- Enfin une petite pause ! Se soulagea Lyela. Décidément, cette jeune femme avait l’air d’avoir du caractère, c’était la seule qui parlait. Je ne le savais pas encore, mais il y avait une raison à cela…
Je fus l’un des premiers à sortir, j’observais ce paysage que j’avais déjà tant vu. Aride et désolé, des cratères et des crevasses recouvrait des centaines de kilomètres, aucun aménagement ne permettait de se restaurer.
Je ne m’étais pas dirigé vers le Nord, les cartes que j’avais pus avoir ne donnait pas d’informations sur ce désert immense que nous allions traverser. L’instant était de tout mystère pour moi, avant que l’homme du Nord, semblant avoir retrouvé son calme, ne viennent à ma rencontre.
- Tu es qui toi ?
- Je suis un voyageur, je vous payerai pour que vous me transportiez….
- Je ne suis pas attiré par l’argent.
Il semblait ne pas s’intéressé à ma demande, il passa son chemin pour aller parler aux jeunes femmes.
- Mes jeunes demoiselles, après tout ce chemin que nous avons fait, un retour s’annonce…Mais je pense que vous l’aviez compris….
- A bas ça oui, on va faire quoi maintenant ? Interrogea Lyela la première.
Les autres femmes discutaient bruyamment entre elles. Je fus étonné de les voir aussi assourdissantes étant donné qu’elles ne disaient rien quand elles étaient dans la caravane.
Lors-ce que l’homme du Nord repris la parole, elles se turent pour l’écouter.
- Cela m’afflige aussi, je ne m’attendais surtout pas à un tel accueil, et….
Il fut coupé par un léger tremblement. Les petits cailloux sur la terre sautaient d’eux même sous les profondes ondes de chocs qui semblaient venir de sous la terre. Derrière moi se trouvais les deux rhinocéros blancs qui paraissaient effrayé, je les entendais émettre des cris graves comme s’ils discutaient entre eux, ils eurent un mouvement de recul. Dans un mouvement de peur ou de colère, les deux bêtes tapaient de leurs grosses pâtes le sol qui se fracassait à chaque coup. Ils se cabraient plusieurs fois sur leurs pattes arrière puis sur leurs pattes avant comme pour se débarrasser des véhicules. Ceux-ci ne tardèrent pas à basculer sur le côté, le tremblement que faisaient ces créatures fut bientôt dépassé par quelque chose de plus fort qui déchirait la terre sous nos pieds.
En quelques secondes, la chaleur s’intensifiait, l’atmosphère semblait plus dense et nous perdîmes tous l’équilibre. Les Raeses et moi tombions hors de la route comme s’il y avait une pente invisible.
Nous nous enfoncions de plusieurs centimètres dans la terre fracassée et meuble. Mes yeux s’étaient fermés à plusieurs reprises et je ne contrôlais pas mon corps, mais je pus voir au loin plusieurs montagnes, l’une d’elle était en feu…Elle semblait sortir de la terre pour s’élever plus haute que les autres… Plusieurs minutes passèrent alors que j’étais plongé dans la terre avec les autres, les yeux fermés sous cette tenace chaleur qui me rendait impuissant.
Quand les tremblements furent terminés, la chaleur s’apaisa alors, je me relevais et voyais l’homme du Nord déjà debout. Je ne voyais que son profil car la montagne de feu m’aveuglait.
Il sembla se retourner, je m’approchais de lui pour le distinguer. C’est à ce moment là que mes yeux se portèrent sur les paysages, il était visiblement bien plus détruit qu’à l’habitude.
- Qu’est-ce que c’est…Réussis-je à lui demander sous cette atmosphère écrasante.
- Soit courageux gamin…Car cette créature est un fléau pour l’humanité… Nous, les humains et autres créatures conscientes de cette planète, devions prier pour qu’il n’eusse pas à se réveiller comme par le passé…
- Les terres sont brisées à cause de cette montagne ?
- Ceci n’est pas une montagne…C’est Shyrnisten, le Galiléon géant…
- Alors il existe vraiment…
C’était obligatoirement vrai, mais une créature aussi grosse qu’une montagne devait être ancienne de plusieurs milliers d’années…
Constamment, un grognement grave semblait provenir des entrailles de la terre et faisait trembler les grains de sables ainsi que les petites pierres. Le ciel bleuté d’avril avait pris une teinte rouge de mars, la fraîcheur du matin avait totalement disparut.
La terre tremblait sous les terribles grondements que dégageait ce monstre. Il s’élevait plus hauts que les montagnes, d’où il était visible à plusieurs dizaines de kilomètres.
Je pense que je me trouvais assez loin, mais je sentais le souffle de l’air me soulever quand j’essayais de marcher. La chaleur de ces rafales venait de cette montagne de feu…
- Nous devons quitter la contrée au plus vite ! Informa l’homme du Nord qui se rapprochais de moi.
- La caravane est retournée…Il y a une solution ?
- Tu va m’aider jeune homme…Nous ne partirons pas sans elles.
Je le suivais alors qu’il se dirigea dans le véhicule, l’intérieur était sens dessus dessous, mais il parvint à prendre une grosse liasse de corde.
- Attache ça au haut…
J’exécutais son ordre et montait comme je pouvais, pendant qu’il calmait les rhinocéros blancs. Il réussit à leur accrocher la corde, les deux bêtes semblaient désormais comprendre ce qu’il fallait faire. Ayant retrouvés leurs esprits, ils commencèrent à tirer quand l’homme du nord leur fit signe. Il ne fallut pas longtemps pour que la caravane se remette sur ses quatre solides roues.
- Ce n’est que du bois après tout, me fis-il remarquer avant de détacher la corde.
Il attela les créatures alors que j’allais voir les jeunes femmes qui reprenaient leurs esprits. Elle comprenaient parfaitement la situation, c’est à ce moment là que je demandais si je n’étais pas la seule personne à ne pas avoir entendu parlé de ce monstre.
- C’est un fléau dont nous ne parlons pas, m’informa Lyela qui se relevait bien vite. Tout le monde le redoute, mais jamais de mesures n’on été prises contre lui. J’ai entendu dire qu’on ne le mentionnait même pas dans les dix créatures les plus dangereuses. A tous les coups, ce monstre serait le premier !
- C’est bon ! Cria L’homme du Nord qui avait hâtivement fini de tous préparer.
Les jeunes femmes s’entre aidaient pour entrer dans la caravanes, puis pour remettre tous en place. Juste avant que je ne monte, l’homme me dit d’un regard de remerciement que je pouvais finalement venir avec eux. Je m’en doutais un peu, il n’allait pas me laisser là quand même. Une fois à l’intérieur, je ne vis pas où il allait, mais nous fermions les portes avant de nous installer le plus solidement possible.
- Accrochez-vous ! S’exclama l’homme du Nord avant que nous sentions la forte accélération, suivit des tremblements.
Contrairement à la fois précédente, le vent s’engouffrait par l’avant, comme si nous allions beaucoup plus vite. Après plusieurs minutes d’extrême célérité, les portes lâchèrent. Elle avaient eu être endommagées, nous vîmes au loin la montagne de feu qui semblait prête à exploser. Le ciel lui-même avait changé de couleur. Je ne pus distinguer exactement ce qui était en train de se passer à ce moment là, mais mes yeux virent une lumière s’épanouir dans tout l’horizon qui semblait s’enflammer. Ce n’est que quelques secondes plus tard qu’un bruit d’explosion déchirait mes oreilles comme si le tonnerre avait éclaté juste à côté de moi. Un souffle nous propulsa en arrière, une chaleur suffocante nous brûlait les bronches, c’était si sec qu’il me sembla me déshydrater en quelques inspirations. Je suis certain que mes yeux étaient devenus rouges, je les fermais aussi tôt, mon esprit s’égarais dans l’épuisement quelques temps après.
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