Episode 4 de La Porte Blanche Les terres brulées ( Chapitre 5 à 7
)
Chapitre 5
Garfiew ne dormit que quatre heures, rien ne s’était passé. C’était comme si la zone était désertée de toute créature, de toute âme morte… Quand ils
reprirent la route, ils remarquèrent que le soldat géant avait augmenté sa vitesse de marche. Eux, ils étaient toujours épuisés, ils avaient de plus en plus de mal à suivre ce qui semblait être
une fuite.
Au fur et à mesure où ils se rapprochaient, ils entendaient des coups de feux, des mitraillettes, des obus éclater…
- C’est l’armée !!! Nous y sommes ! Cria Lucen en augmentant aussi sa
marche, pensant à l’espoir d’être enfin à l’abri…
- Voilà, nous y sommes enfin…Les humains luttent ensemble, mais ils n’arrivent
qu’à les repousser sans les vaincre…Il leur est si difficile de les démanteler…
Ils continuèrent d’avancer, même après quelques minutes, ils n’étaient pas encore arrivés.
Ils montaient jusqu'à arriver à un sommet de côte, quand ils purent enfin apercevoir de l’autre côté, un vrai champ de bataille. D’un côté il y avait les
soldats, avec les obusiers, les fusiliers et les autres combattants. De l’autre côté, il y avait des créatures qui reculaient à chaque fois qu’une balle les atteignait. Certaines de ces âmes
mortes tombaient, mais se relevaient aussitôt, comme si de rien n’était.
Seul les rares obusiers étaient capables de créer de réels dégâts.
On entendait les soldats crier entre eux, demander des munitions qui leurs étaient rapportés depuis le bunker, situé à quelques centaines de mètres derrière
les premières lignes de défense…
- Ils ne vont plus tenir très longtemps, informa Garfiew qui observait la
situation, munit de ses puissants yeux.
Sans prévenir, il courut vers les créatures, qui heureusement pour les hommes, ne comportaient pas de Galiléons… Il entra dans la mêlée et brisa une bonne
partie des âmes mortes qui s’y trouvaient. Son incroyable épée fendait sans limite tout ce qui osait se mettre au travers. Des cris parmi les militaires retentissaient pour demander des jumelles,
et quand ils virent la situation, ils arrêtèrent de tirer. Garfiew avait donc à lui tout seul toute la bataille sur ses épaules, il avait enfin donné aux hommes un moyen de prendre un peu de
repos. Tombé dans cet océan de créatures, il n’avait aucune peur en lui. Traversant les corps de fer qui tentaient de l’attaquer de toute part, il donnait des coups précis et forts…Il y avait
encore des centaines d’âmes mortes à briser, mais Garfiew redoublait de force.
Il y avait là toutes les créatures du coin, voilà pourquoi elles n’étaient pas présentes dans le tunnel, voilà pourquoi Seti était toujours en vie. Des
hommes comme lui étaient normalement destinés à mourir…
Le groupe alla rejoindre les militaires, une fois qu’ils furent repérés, plusieurs combattants vinrent à leur rencontre.
- Que faites vous ici ? Retournez au Bunker !
- Nous ne venons pas du Bunker, s’exclama Kyru. Nous avons traversé ces terres
pendant des jours entiers.
- Il est possible de les traverser ? Vous nous apportez de bonnes
informations, suivez moi !
Il marcha alors d’un pas rapide vers les militaires qui avaient gardé leurs positions. Kyru en profita :
- Mais nous n’aurions pas pu aller bien loin sans l’aide de Garfiew, le géant
qui vous remplace…
Le soldat regarda la situation, la majorité des créatures avait étés anéantis, et Garfiew, munie de sa grande épée, continuait à combattre, touchant souvent
cinq cibles en même temps.
Une fois revenu, ils se laissèrent conduire jusqu'à l’entrée du Bunker, où le soldat géant ne pouvait entrer a cause de sa taille.
- Je sens Shyrnisten, pas loin… Dit Garfiew en regardant
l’horizon.
Un militaire arriva, il s’était dit être le plus haut gradé de tous les soldats…Pourtant, il leur était semblable en tout point…
- C’es normal, expliqua t-il…Tous les plus hauts sont malheureusement
morts…Nous sommes les seuls survivants ; il y avait cinq lignes de fronts, nous avons eu des milliers de victimes, dont nos chefs… Je suis simplement un bon stratège, c’est
tout…
- Je comprend…Heureusement que je suis arrivé alors…Mais un danger bien plus
grand menace ces terres…Ce n’est pas la peine de les protéger…
Garfiew paraissait troublé, et regardait sans cesse l’horizon, un seul endroit l’intéressait.
- Le bas…dit-il… C’est Shyrnisten…
Vers l’endroit qu’il pointait de son doigt, il y avait une grosse bosse, tout le monde cru d’abords que c’était une montagne mais c’était Shyrnisten…Le grand
Galiléon.
- C’est quoi ? Demanda le soldat.
- Shyrnisten…C’est un Galiléon, gigantesque…
- Mais c’est quoi un Galiléon ?
- C’est ce que vous appelez plus couramment des brûleurs…Sauf qu’un seul des
souffles de Shyrnisten suffirait à appeler la lave.
Les militaires qui avaient écoutés ces paroles tombèrent de fatigue…Epuisé après avoir tant protégé un lieux qui allait de toute manière être détruit.
- Shyrnisten, c’est un fléau…Des légendes racontent qu’il vivait sous terre, et
quand il fut remonté à la surface, il détruisit des régions entières à lui tout seul…Le pire, c’était qu’il était impossible de l’arrêter. Nombre d’entre nous on laissés leurs vie pour pouvoir le
détruire…Malheureusement, ils n’on réussis qu’a l’esquinter légèrement. Un jour, alors que nous bataillions contre lui, il s’endormit, et comme un volcan, il continuait à souffler de temps en
temps, mais pas furieusement. Nous, Soldats géants et peuple du sud, nous sommes les seuls à pouvoir rivaliser avec lui d’une infime manière… Nous savons tous qu’il va se réveiller, d’ailleurs,
là, il bouge légèrement. Tout le monde le craint, même les âmes mortes partent dés qu’ils le voient en action…Quand il dort, vous êtes en sécurité, mais quand il se réveillera, il y aura des
flammes qui brûleront toute chose, toute vie…
- Tout est dangereux désormais…Conclut Kyru qui regardait sérieusement les
militaires découragés…
Ils croyaient avoir tout vu, mais certainement pas un monstre qui pouvait détruire une région entière.
Garfiew se reposait encore un peu le long d’une des parois du bunker, les autres y descendaient avec les autres survivants.
Ils trouvèrent quelques lits où ils purent enfin se reposer. Ce fut le moment qui leurs parurent le plus agréable de ces derniers jours…Une fin du monde, ce
n’était pas de tout repos, et comme cela se faisait lentement, à petit feu, tout le monde était destiné à souffrir.
Quand ils se réveillaient, ils sortirent voir le Soldat Géant qui s’apprêtait à partir. Il était en compagnie d’autres soldats Géants, tous aussi
impressionnant que lui. Leurs armes étaient aussi longues mais avec moins de perles à leur manche. Leurs couleurs étaient toutes différentes, de toute évidence, ils étaient bien plus beaux que
les militaires qui étaient habillés d’une tenue salissante. Même après avoir combattu plusieurs minutes des centaines d’âmes mortes, Garfiew avait toujours ses équipements brillants et une arme
affûtée au mieux, coupante comme une lame de rasoir…
Chapitre 6 : Vers le fléau
Garfiew regardait les jeunes qui venaient d’arriver.
- Voici Fieden, Zaneist, Epeiste et Ronoiyem. Nous faisons parti des meilleurs
Soldats géants du Sud. Membre du bataillon trente cinq, gardiens et protecteur contre Shyrnisten.
- Vous pensez le vaincre ? Vous êtes forts mais vous serez plus utiles
pour détruire les « âmes mortes ».
- Voyons, dit l’un des soldats géants, notre but est de détruire Shyrnisten…Ou,
dans le meilleur des cas, l’empêcher de nuire au monde.
Lucen se rapprochait le plus prés possible des géants, ils les regardait, les sentait…Il voyait en eux une puissance ultime, trop classe et trop majestueuse
pour exister sur terre. Il dit alors :
- Comment quelque chose pourrait s’opposer à vous ? Vous avez l’air si
puissants…
Les soldats se regardèrent quelques secondes, et l’un d’eux expliqua :
- Tu sais petit homme, tu n’a jamais vu Shyrnisten…A son actif, on ne peut
s’approcher de lui, même pour le voir…Autours de lui, c’est l’enfer. Les petits Galiléons ne sont pas inoffensifs, et ce Grand Galiléon n’est pas non plus totalement identique…Si les petits
détruisent des villes de mille habitants, Shyrnisten détruira une ville de dix millions d’habitants…
- La bataille de Heidenbue…Chuchota un autre géant…
Les cinq baissèrent la tête, puis Garfiew décida d’expliquer lui-même ce drame :
- C’était une ville ou il y avait le moins d’âmes mortes…Le plus de personnes
voulant vivre…Il y a bien eu cinquante millions de personnes qui ont été démantelés ce jour là…Je ne sais pas si Kyru vous à raconté, mais les humains ne meurent pas…L’âme reste soudé au corps,
et il n’y a aucun moyen de la détacher. Dans ce cas là, leurs corps devient un espèce de roche, ils mettent des mois à refroidir, sentant l’horrible douleur en leurs cadavre vivant…
- Mais pourquoi voulez vous tuer Shyrnisten ? Demanda Lucen, étonné. Il
n’y a plus de raison de le faire puisque de toute manière il n’y a plus rien à détruire…
- Ce n’est pas si simple…Si tu laisse une créature de ce genre vivant en ce
monde, tu es criminel…Tous, nous devons lutter afin de ne pas laisser cette créature nous dominer…Nous ne sommes que les locataires de la planète, elle ne nous appartient ni à nous, ni à cette
créature. Notre but est de protéger cette terre de ce fléau…Nous n’ignorerons pas notre but, surtout que si nous le laissons en vie, il continuera à grandir encore des milliers
d’années.
Ils se mirent alors tous les quatre à marcher vers la créature, qui se trouvait encore à quelques kilomètres…
- Attendez ! Cria Garfiew, montrant bien son autorité…
- Qu’y a t-il ?
- Nous n’avons aucun plan…Nos vies sont précieuses en ce monde. Ne la gâchons
pas… Nous allons devoir invoquer les plus grandes puissances possibles…Nous allons devoir nous sacrifier.
- Les puissances ultimes…Après cela nous devrons nous reposer plusieurs
jours…Est-ce sûr ?
- Oui…Assura Garfiew. C’est une manière qui nous permettra de ne pas perdre
face à lui… Nos armes doivent s’intensifier… A nous cinq, nous auront assez d’énergie pour le faire…
Les soldats géants s’entendaient entre eux, ils réfléchissaient pour trouver la meilleure manière possible pour combiner leurs pouvoirs.
- Je veux venir aussi, se fit entendre Kyru.
- Nous aussi, nous voulons venir ! Informa Youryne en se
rapprochant.
Les soldats du Sud se retournèrent.
- Vous ne comprenez pas ce qu’est cette créature. Cependant, Kyru vous
protégera…Il le pourra.
Alors c’était entendu, ils allaient pouvoir voir la plus grande catastrophe de tous les temps…La créature qui méritait le plus d’être détruite.
Ils marchèrent alors vers l’énorme montagne vivante qui commençait à se réveiller… Ce ne fut qu’après quelques minutes que des lueurs éclairait l’horizon, où
se trouvait la bête…Des flammes remontaient vers les cieux à quelques moments, et la terre devenait rouge braise à certains endroits…Des vents brûlants faisait reculer le groupe d’humain avant
que Kyru n’utilise une bille pour les protéger de ces puissantes rafales. Déjà à mille mètres de la créature, la température était de cent degrés. Au bout de cinq cent mètre, la température
s’élevait à trois cent degrés… Les rafales crées devinrent bientôt de véritables nuées ardentes, et la montagne devenait de plus en plus raide, de plus en plus détaillée. Des fissures étaient de
plus en plus visible, et la créature était tellement grosse qu’il était impossible de déterminer dans quelle position elle était. Des flammes embrassaient le sol, et, bien que la bête ne bougeait
pas, on sentait d’horribles tremblements qui craquelaient la terre assez fréquemment. Des marres de lave apparaissaient sous leurs yeux, et maintenant tout prés, il était impossible de distinguer
le ciel de la terre tellement le Galiléon, haut de plusieurs centaines de mètres, cachait le ciel.
- Il n’est pas vraiment encore réveillé…Mais faites attention…Nous pouvons tous
brûler n’importe quand, des explosions peuvent surgir n’importe où, de n’importe quelle intensité.
Les soldats géants ne craignaient pas ces conditions, et n’y faisaient même pas attention, mais si un de leur bouclier venait à lâcher, ils seraient tous
brûlées vif, et mouraient dans d’atroces souffrances… Même Kyru, de sa peau de métal ne pourrais résister à une telle puissance dévastatrice.
La tête de la créature n’était pas si lointaine, elle était si sinistre… Celle-ci serait facilement reconnaissable. Pas seulement à cause des hautes
températures qui y régnaient à proximité, mais aussi à ses écailles particulièrement fines et brûlantes… Rien ne pouvait résister à son bec, qui crachait de la lave blanchâtre. Personne n’a
vraiment calculé l’épaisseur de sa carapace, mais déjà qu’elle était faite dans une matière indestructible, elle l’était encore plus vue sa densité… Visiblement, Shyrnisten s’était déplacé après
avoir atterri, il devait certainement y avoir à côté, à quelques dizaines de kilomètres, un cratère qui a forcément du laisser ses traces en cette terre, à jamais. Des lumières étincelaient de
partout, chaque pas parcourut par le groupe les émerveillait d’avantage… Cette puissance leur semblait maintenant éternelle, la peur gagnait Sophie qui hésitait maintenant à vouloir aller
jusqu’au bout.
- Courage ! Ca va Sophie ? Demanda Kyru, visiblement
épuisé.
- Oui, répondit-elle tout simplement.
- Il n’est pas encore réveillé, dit Kyru. Rare sont les personnes qui se sont
approchés de lui d’aussi prés.
- Vous allez bien les petits humains ? Se manifesta l’un du géant qui
marchait sans peur, sans désavantages.
- Nous perdons de l’énergie rien qu’en restant à côté…
Ils avancèrent encore quelques minutes, et ils purent bientôt, de nouveau, apercevoir le ciel rouge…À leur gauche se trouvait la fin de la carapace. A deux
ou trois cent mètre au loin, l’énorme tête endormit reposait sur le sol. C’était là un bien sinistre spectacle que la mort endormie. C’était en même temps amusant et terrifiant de voir une telle
puissance sommeiller, une bête si gigantesque causer autant de dégâts. Devant cette tortue géante, il n’y avait absolument rien, à part une terre plate et sèche…Un peu plus loin encore, le groupe
pouvait apercevoir les ruines d’une ville à moitié brûlée et ensevelie. Lucen n’arrivait pas à y croire.
- C’était une ville… Qu’est t-il arrivé ?
- C’est bien la puissance de Shyrnisten…
Les immeubles avaient étés fracassés d’une manière certainement plus brutale que dans les autres villes. Du sable lié à une espèce de roche recouvrait la
majeure partie des jardins et des merveilleux endroits de la malheureuse ville de Santiago…
- Nous devons…commença Sulyvan.
- N’y pense pas…Il n’y a pas de survivants…
Le soldat géant avait répondu avant même que Sulyvan ne puisse vraiment penser à sa phrase. Déjà qu’il ne parlait pas souvent, il décidait d’insister…
- Comment avez-vous…
- J’ai des milliers d’années d’expérience pour savoir à l’avance les phrases
que tu allais dire.
- Mais je…
- Si…Tu allais le dire…Tu allais demander si nous pouvions aller chercher des
survivants… A deux kilomètres à la ronde, il est impossible de créer ou même de maintenir toute vie. Ensuite, tu allais demander comment je faisais pour deviner tes mots, puis tu allais dire que
tu ne pensais pas à ce que tu allais dire.
- Vous êtes bien plus fort que je le pensais…Vous seriez sans limite en
l'absence de Shyrnisten…
- Oui…Mais tout fléau stoppe l’évolution.
Ils contemplèrent la bête en silence, même Garfiew semblait rêver devant le redoutable destin, qui allait les pousser à devoir combattre cette créature du
mal.
Chapitre 7 : La fin de la vie.
Il n’y avait pas assez de place dans le bunker pour tout le monde. Aussi, avec le réveil de Shyrnisten, il commençait à faire vraiment très chaud. Les
survivants se rassemblèrent au dehors. Ils buvaient le plus possible, pour mourir le plus tard possible.
Dans ce nouveau monde, il y avait toujours des vents chauds qui desséchaient les rivières, et une terre craquelée qui s’effritait pour devenir poussière. Des
déserts de roche se créaient, empêchant toute manière de voyager rapidement.
Les survivants, à cause de la température, étaient proches de la folie. Seti faisait parti de l’un de ces nombreux hommes, mais lui, contrairement aux
autres, il avait une folie bien plus dangereuse. Il trouva un moyen de se mettre en valeur et commença à discourir…
- Survivants ! Ecoutez moi !
Il avait eu l’attention de presque tout le monde, même ceux qui avaient les oreilles enflées et les yeux rouges, vinrent très vite l’écouter. Les soldats
étant en train de surveiller au loin, ne pouvaient pas entendre.
- Mes amis…La terre est finie…Nous ne survivrons pas, à moins de nous
battre ! Les immeubles sont détruits…Les cultures on brûlées et les rivières se sont évaporées…Le ciel ne nous permet même plus de voir les étoiles, et il semblerait bien que dieu ne nous
voit plus du tout à présent… Vous vous rappelez de ce que vous faisiez, il y a une semaine ? Moi je m’en rappel… Je déprimais car ce monde était monotone, le monde était trop fort pour
moi…Le monde n’était pas si puissant, et maintenant, à nos yeux nous pouvons enfin lutter contre toute existence ! Nous avons cette chance de vivre ! Si nous ne luttons pas, l’honneur
des hommes sombrera dans l’oublie…Les villes ont étés effacées, les monuments et les connaissances ont disparus à jamais et nous ne serons plus jamais aussi fort qu’avant !
Semblable à des cris de protestation, les survivants crièrent, non contre Seti, mais pour défendre ses idées, qui furent prises au sérieux… En même temps que
ces cris, la folie les saisissait de plus en plus. Ils ne savaient plus penser et, faibles comme ils étaient, ne pouvaient par conséquent pas se défendre contre d’aussi mauvaises idées…
- Il y a beaucoup à faire ! Nous allons chercher d’autres survivants, nos
chaussures se dépouilleront sur ce sol presque impraticable, nos esprits suffoqueront dans cet atmosphère de cuivre…Nos yeux se fermeront à cause des vents et des poussières…Mais nous
survivrons ! Nous n’allons pas déshonorer la race humaine !
Convaincu d’avoir rassemblé tout le monde, Seti descendit du toit de la voiture fondue sur laquelle il était. Il continua de délirer avec plusieurs
survivants…Ils mangeaient chacune de ses paroles, de la même manière que le faisait les âmes mortes. La température ambiante atteignait les quarante degrés.
Désormais, il était impossible de survivre seul, les groupes de survivants à travers le monde diminuaient petit à petit. Ils mouraient de faim, mais le plus
souvent de soif, ils se construisaient des abris qui ne tenaient pas…Les tremblements incessants qui craquelait la terre ne pouvaient pas permettre de faire tenir un seul mur. Bien entendu, le
pire était les Galiléons, qui étaient surnommés les brûleurs…Leur capacité à brûler de très grande surface en si peu de temps décourageait chaque espoir d’essayer de cultiver toute terre. De
toute manière, sans eau, il était impossible de faire pousser quoi que ce soit. Petit à petit, chaque hectare de terre se vidait de toute source vitale. La vie et la mort étaient
déréglées.
Une fois complètement en folie, les centaines de survivants suivirent Seti qui se dirigeait vers l’ouest, comme il demandait. D’après lui, il était possible
rejoindre la mer qui ne devait pas se trouver trop loin. Dans toute cette pagaille, le moindre itinéraire de quelques kilomètres était déjà une épreuve. Le fou n’y pensait pas, et avançait sans
même planifier la moindre opération.
Les survivants du monde retournaient à l’age de pierre, alors que d’autres étaient solidaires, mais se faisaient attaquer par ceux qui perdaient
l’esprit.
De l’autre côté de la montagne, où se trouvaient les chaleurs extrêmes dégagées par le fléau, se trouvaient les rares êtres vivants assez résistants pour
survivre. Il n’y avait pas seulement eux…Les véritables acteurs de tout cet événement, avaient eux aussi parcourus un long chemin pour arriver jusqu’ici… Deux hommes, deux scientifiques dans leur
monde discutaient dans la ville ensevelie. Les deux avaient le teint très sombre, les yeux profonds et une veste blanche.
Tournés vers Shyrnisten, ils contemplaient cette puissance tout en discutant de leurs affaires…
- Nous avons raté notre expérience. Nous réussirons la prochaine
fois…
- Notre explosion magnétique n’a au final pas créé la mort, mais a
véritablement troublé notre sphère vitale.
- Oui…Notre monde s’est fusionné avec les autres, et nous avons certainement
détruit l’humanité…Mais au fond, nous réussirons…C’est notre but…
Les deux se penchèrent sur le sol, sortirent une petite perle qu’ils firent basculer de droite à gauche, au dessus de la terre craquelée. Quelques instants
plus tard, le plus grand des deux scientifiques dit :
- C’est bien ce que je pensais…L’instant présent de notre dimension s’est
arrêté, et se projette en cette dimension. Les nappes phréatiques sont sèches. La source de toute vie disparaît et nous deviendrons poussière si nous n’en trouvons pas.
- Il n’y a pas que cela… Je sens un changement dans l’atmosphère…Le dioxyde de
carbone va remonter très haut dans l’atmosphère…Et dans quelques jours, nous ne pourrons vivre que sous terre…
- Belle déduction Hastar… C’est vrai qu’avec toutes ces flammes, et ces forets
brûlés, il va faire cinq cent degrés le jour…
Ils contemplèrent le ciel rouge, tel un crépuscule infini.
A partir de ce moment là, une guerre commençait véritablement pour la vie. La recherche de l’eau, se mettre à l’abri du jour qui deviendrait invivable, se
protéger des Galiléons et des âmes mortes. Les villes étaient détruites, les populations décimés, les survivants sous l’emprise de la folie, et les autres allaient devoir affronter un bien plus
terrible avenir… Ces trois jours ne furent que le commencement. Mais au fond, tout allait être de pire en pire car la terre était morte, et maintenant, inhospitalière à toute forme de vie.